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 Celle qui fera tomber le juge [PV]

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MessageSujet: Celle qui fera tomber le juge [PV]   Dim 25 Fév - 1:20

Une coïncidence au timing particulier
Il y a une larme qui s'éprend de ma joue. Elle coule doucement, caresse mes lèvres et tombe sur mon col. Mes yeux sont clos et retiennent les suivantes qui, malgré tout, se plaisent à déborder d'un peu trop près. Je suis à bord d'une voiture, Trévice, devant moi, la conduit, j'entends un reniflement et pendant que nous roulons en ligne droite, les cheveux sur sa nuque viennent toucher le repose-tête comme s'il l'avait pivoté seulement quelques secondes.

Nous sommes sur une route de campagne, seulement trois chevaux accompagnent le paysage que nous longeons, il n'y a aucune automobile autour de nous, aucun passant ni cycliste, pas la moindre faune à part, à quelques dizaines de mètres, ceux qui peuplent les champs alentours. Je l'ai remarqué quand mes yeux étaient encore ouverts. Je devine alors qu'il a tourné le visage pour atteindre le rétroviseur central et voir ces larmes s'échoir sur une veste d'un bleu sali et terni puis qu'il a eu ce reniflement qu'ont ces personnes quand une gêne les éprend. Je ne prends pas la peine d'ouvrir mes yeux pour constater la chose, j'entrouvre encore moins mes lèvres pour demander si j'ai raison : la curiosité est si vaine dans un moment pareil.

Quelques secondes plus tôt, un sourire âcre et méprisant de la condition dans laquelle je traversais le temps était apparu sur mes lèvres. Je cherchais dans ma mémoire cette fossette au coin gauche de ses lèvres, ces pattes d'oies mutines et ce nez tombant, ces éclats d'ors qui traversaient ses cheveux de grande dame. Lucy n'était pas si loin dans mes souvenirs mais ses rares moments de vies auxquels j'ai eu la chance de pouvoir participer avaient été entreposé dans des recoins effroyablement reculés de cette mémoire de telle sorte à ce que je dû péniblement aller les rechercher.

Il y a dans ma mémoire comme une salle pas plus grande qu'une cabane que l'on construit quand on est môme. Une salle faites de bois, d'un bois si noir que l'on croirait ne rien y voir. Mais au milieu, il y a une lampe posée à même le sol, brisée par endroit, avec un abat-jour dont le temps aurait peu à peu fait flétrir la couleur blanche et l'aurait alors fait devenir jaunâtre. Si l'on s'approche d'elle et que l'on se baisse, que l'on prend dans sa main l'interrupteur noir relié à elle mais branché nulle part et qu'on appuie dessus, alors la pièce est inondée d'une lumière blanche et éclaire des dizaines d'étagères fixées aux murs et des milliers de ces « boules à neiges » que l'on retrouve ici et là dans de quelconques boutiques de souvenirs à travers le monde.

Mais c'est uniquement quand on s'en approche et que l'on se penche sur elles et que l'on se met à observer le décors qu'elles peignent que l'on comprend, quand on est moi, que ces paysages dépeignent des souvenirs de vies passées et d'autres actuelles, des moments intensément forts. Des sourire, des rires, des embrassades et des vies qui naissent et qui s'épanouissent puis qui s'éteignent. Chaque sphère fait tomber sur ses occupants des flocons de neiges et à chaque regard que je pose sur l'un d'eux, sur mon visage tombe des larmes. C'est aussi autant de flocons que de souvenirs, autant de boules à neiges que de familles. Et c'est à ces derniers que le dit sourire s'est formé d'entre mes lèvres en une moue accablée et désemparée.

J'avais une femme autrefois, sans aucun enfant. Maria Lydia Moreno Vasquez. Je passe mon regard parmi les éclats noirs de ses yeux Argentin en passant devant elle afin d'arriver jusqu'à celle qui occupe mes pensées depuis plusieurs mois. Lucy Gadar. Elle occupe une place entre une femme vieille de deux siècles et une famille Kahndaqi de près de trois millénaires. Je me heurte alors à nos souvenirs et...


« Monsieur, nous arrivons à votre lieu de rendez-vous. Nous venons d'atteindre l'adresse que vous m'avez indiqué il y a près d'une heure.
– Très bien, Trévice. Attendez là. »

Les souvenirs attendront. J'ouvre une portière et me hisse en dehors de la voiture, une veste sur le dos, un jogging usé, je fais œuvrer une démarche boiteuse pour traverser les quelques rues de Washington qui me sépare de mon dit rendez-vous. Voilà près de deux mois que je n'ai pas revu Tracy Trevor, avocate, bénévole et, pour l'heure, joggeuse ; et il était important que nous rétablissions le contact pour la mettre à jour concernant ma fille et d'autres choses.

J'avais fait suivre Tracy Trevor pour être au courant de ses déplacements du jour : quand était-elle rentrée chez-elle ? Quand en était-elle partie ? Où était-elle allée ? Je savais en amont qu'elle partait courir de façon quasiment quotidienne dans Washington même, le plus souvent dans des parcs quelconques au plus près de chez-elle ou, parfois, de son travail ou de son lieu de bénévolat. De cette façon, il ne m'était guère compliqué de pouvoir mettre en place un léger stratagème pour la faire – à nouveau – rencontrer Flynn Lügnermann dans le lieu où elle pratiquait son sport.

Le reste, ce n'était plus qu'une question de quelques détails minutieux : donner à mon chauffeur le lieu où l'on m'avait indiqué sa présence, l'horaire fixe auquel me prévenir pour ne pas l'interrompre au début de sa course mais lors de ses toutes dernières minutes afin qu'il lui soit plus évident de venir me parler sans avoir à suspendre prématurément sa course et, détail plus compliqué encore, sa position exacte sur la piste.


« Elle arrive sur vous dans dix, neuf, huit, sept, six, cinq... »

La voix d'une femme vient se frayer un passage dans mon tympan à l'aide d'une oreillette discrète que je m'étais fixée au préalable. Le projet était simple, provoquer la rencontre en m'aidant du comportement altruiste, attentionné, bienveillant de la bénévole.

« … quatre, trois, deux, un. »

Il fait noir, le lampadaire derrière-moi a vu son ampoule être brisée, j'ai la tête baissé, les mains dans les poches, je m'avance avec une jambe qui me fait prétendument souffrir, à chacune de mes respirations s'élève un souffle qui dans la froideur de cette fin de mois de février le fait s'élever en un nuage de fumée blanche et glaciale et je me retrouve à moins de trois mètres d'une jeune avocate courant dans ma direction. Elle court vite, je me suis frayé un passage aussi rapidement que possible dans une chemin ô combien sombre, de sorte à rendre une bousculade quasiment inévitable et assurément déstabilisante.
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MessageSujet: Re: Celle qui fera tomber le juge [PV]   Sam 3 Mar - 16:28

Celle qui fera tomber le juge

Quand je pose mon sac sur le plan de travail coupant la pièce principale de mon appartement en deux espaces bien distinct, je soupire de soulagement. La journée a été vraiment longue – trop longue – et je suis épuisée. Depuis deux mois maintenant, je dois avouer tenir ce rythme épuisant. J’essaie tant bien que mal de trouver un équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie privée tout en continuant à tenter de maîtriser mes pouvoirs. Mais je n’arrive pas à grand-chose. Fort heureusement, je continue à maintenir le cas au moins dans mon travail, ce qui m’aide à garder un minimum de moral. Après une pause de quelques minutes, à me tenir là, debout près de mon plan de travail sans savoir réellement quoi faire, inerte, l’esprit vide, comme morte, mon esprit se remet à fonctionner un peu trop vite à mon goût. Alors je vais enfiler un jogging et un pull avant de sortir pour aller courir. J’ai besoin de me vider la tête d’arrêter de penser à tout cela, l’espace de quelques instants. Mais malheureusement, pas de course après l’autre, je me rends à l’évidence que je n’arriverais pas à atteindre ce minuscule et très bref moment de paix que j’arrive souvent à atteindre après un effort physique intense. Tout continuer à se bousculer dans ma tête avec violence : les différentes affaires sur lesquelles je travaille en ce moment, les morceaux de plaidoyer qui s’assemblent dans mon esprit, les stratégies de procès qui se confrontent pour définir lesquelles sont les meilleures, et au milieu de tout cela, passent des morceaux de souvenirs, fragments de mémoire qui me montrent le visage de mon frère, sa lassitude et son inquiétude ; le sourire de Michael et l’odeur de viennoiserie qui revient flotter à l’orée de mon esprit ou encore la défiance de Violet et ses verres de whisky. Tout est confus. J’essaie de trouver un équilibre entre mon travail et le reste, mais les allers-retours à Gotham commencent à me fatiguer. Je n’arrive pas réellement à faire les choses comme je le voudrais. Et quelque part, au fond de moi, une voix me susurre que si je n’y arrive pas, c’est que cela ne doit pas arriver, que je ne suis définitivement pas faite pour ce genre de chose. Et toutes ces préoccupations ont une influence violente sur mes pouvoirs. Je n’arrivais déjà pas à les contrôler avant, mais maintenant, c’est un véritable carnage. Je fige de plus en plus souvent les choses et les gens à mesure que mes nerfs sont sensibles, ce qui augmente la rapidité à laquelle ils s’échauffent, me plongeant dans un cercle infernal. Heureusement pour moi, je suis habituée à fonctionner de la sorte, ce qui fait que bon gré mal gré, mon univers tient. Et mes performances au tribunal sont encore meilleures, puisque je réfléchis bien mieux sous pression. Tant mieux pour mes clients et pour les gens dont je conseille les avocats. Comme cette jeune femme dans le Kansas, Lucy Gadar, qui attaque son ancien employeur pour harcèlement sexuel. Son avocat commis d’office est suffisamment intelligent pour avoir écouté les conseils que je lui ai donné et finalement, les choses semblent prendre une moins mauvaise tournure qu’on aurait pu le penser. Bien sûr, c’est loin d’être fini. Mais au milieu de mes tempêtes, cela me prodigue un certain soulagement et me rappelle que je suis aussi heureuse de vivre que chanceuse de mener cette vie. Même s’il y a parfois des zones d’ombre.

Le choc est rude. J’ai beau avoir d’excellents réflexes, j’étais un peu trop plongée dans mes pensées pour me rendre compte de l’arrivée soudaine d’une silhouette sortant d’une petite ruelle. Je fais un pas de côté dans ma course, mais cela ne suffit pas et mon épaule heurte la sienne. Je suis franchement déstabilisée, mais surtout je ne veux pas que la personne que j’aie percutée ne tombe. Alors je pivote un peu sur moi-même dans ce début de chute et j’attrape son bras pour faire en sorte que cette personne ne tombe pas. D’une façon relativement inattendue, cela me permet de contrebalancer le choc et de nous offrir à tous les deux un nouvel équilibre. J’attends que nous soyons tous les deux stabilisés pour me redresser et lâcher la personne pour finalement pouvoir la regarder et voir qui j’ai percuté. Une femme ? Un homme ? Vu la taille et la carrure perçue, je dirais plutôt un homme ou une grande femme. Finalement, mon regard se pose sur un homme. Un homme que je n’ai aucun mal à reconnaître parce que je le connais déjà. C’est un homme qui passe de temps en temps au local où j’aide comme bénévole, où nous servons des repas pour les sans-abris, même si cela fait un moment que je ne l’ai pas vu à bien y réfléchir. Flynn Lügnermann se tient là, à nouveau stable, mais relativement tremblant devant moi. Je grimace un peu ayant eu l’occasion d’observer les difficultés motrices de l’homme et me sent soudainement encore plus coupable. Même si dans le fond, ce n’est pas entièrement ma faute. Je lui demande : « Vous allez bien M. Lügnermann ? Je ne vous ai pas fait mal ? ». Je dois avouer que le choc a été rude, moi-même je reprends mes esprits. Et encore, heureusement que ce ne sont que nos épaules qui ont encaissé le choc. Je pose la main sur mon épaule douloureuse pour la masser un peu puis lève un peu le bras plié pour activer l’articulation en faisant de petits cercles main toujours posée dessus. La douleur me tire une grimace, mais hormis ça, je vais bien. Je rajoute finalement : « Je suis vraiment désolée, j’étais un peu ailleurs, je ne vous ai pas vu arriver… ». J’aurais pu le tuer, ou ça aurait pu être un enfant. Bon, peut-être pas le tuer tout bien réfléchir, mais lui faire vraiment mal, ça oui. Je me passe une main sur le visage et demande à nouveau vraiment inquiète : « Tout va bien ? ». Peut-être que je devrais appeler une ambulance, dans le doute.
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