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 backalley fights (john & alfred)

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independent soul

Messages : 488
Date d'inscription : 29/07/2018
Face Identity : Matt Ryan
Crédits : Anarya.

Age du personnage : 37 ans, sûrement 36 de trop si vous voulez son avis.
Ville : Vagabond sans attaches, depuis peu résident en Enfer. Il a abandonné les clés de sa célèbre Maison des Mystères à une nouvelle propriétaire.
Profession : Détective de l'occulte, magicien, exorciste, spécialiste des démons et autres saletés surnaturelles, escroc patenté, anti-héros du dimanche.
Affiliation : Justice League Dark.
Compétences/Capacités :
Connaissance encyclopédique de divers types de magie ; ondes synchrones (toujours au bon endroit au bon moment) ; manipulation de sa propre chance et des probabilités ; magie noire et occultisme ; exorcisme ; invocation de démons ; 'Worldwalker', une des rares personnes à connaître tous les chemins entre paradis, enfer, et au-delà ; voyage inter-dimensionnel ; contrôle des esprits et persuasion ; illusion ; pyromancie ; divination ; nécromancie ; cercles magiques ; magie rituelle ; magie du sang ; extrêmement résistant à la télépathie, au contrôle mental, et à la possession ; maître manipulateur ; prestidigitateur confirmé.


Situation Maritale : Un coin de son coeur revient à son gin tonic, un autre à une princesse goth qui parle à l'envers. Et de temps en temps, il s'abandonne à un visiteur de (bref) passage.









MessageSujet: backalley fights (john & alfred)   Jeu 9 Aoû - 15:12


backalley fights
alfred & john


Ah les enflures. Crap, est-ce qu’il était en train de réfléchir à voix haute ou pas ? C’était difficile à dire dans l’état brumeux dans lequel il se trouvait – brumeux et douloureux, à en juger par la migraine violente qui lui scindait le crâne en deux et la douleur vive à son arcade sourcilière et sa lèvre inférieure. Un gémissement mêlé d’un grognement gronda dans sa gorge alors que ses sens lui revenaient petit à petit – le contact dur du trottoir sous ses jambes, du mur froid et humide dans son dos, la flaque d’eau dans laquelle sa main reposait jusqu’à ce qu’il ne la porte à sa tête avec une autre complainte étouffée. Le monde tournait autour de lui, il avait mal à en gerber, il avait mal tout court, et il était à peu près sûr que la gueule de bois le guettait. Abaissant sa main pour constater les dégâts, il vit que le sang s’était mêlé à l’eau, rouge vif sur ses doigts et coulant dans sa manche. Parfait. On récapitule : arcade sourcilière ouverte et pissant le sang, lèvre éclatée et pissant le sang, probablement une concussion, et des bleus qu’il ne voyait pas encore.

Du grand Constantine, dans toute sa splendeur.

Fallait bien au moins ca pour oublier le merdier dans lequel il s’était fourré.

Avec un long soupir, John laissa sa tête rouler contre le mur derrière lui, inspirant profondément l’air frais mais peu plaisant de cette arrière-cour dans laquelle ses agresseurs l’avaient abandonné. Il se souvenait vaguement d’un théâtre, puis d’un bar – puis d’un autre, et encore un autre, puis une bousculade et quelques mots dont il aurait sans doute pu se passer. Mais John Constantine vivait dangereusement, et rester hors des ennuis, il ne savait pas faire. A ce stade, c’était un véritable style de vie. Moins glamour que consommer écolo mais tellement plus lui.

Fallait bien faire ce qu’on pouvait pour tuer le temps dans cette dimension factice dont la fausseté le bouffait chaque jour un peu plus.

Ignorant la douleur dans sa poitrine à cette pensée, il se concentra sur une manière dont maîtriser sa nausée et d’identifier où il avait pu atterrir après cette humiliation en règle. Jetant un regard blasé autour de lui et tendant l’oreille, John crut entendre des voix non loin, mais le décor alentours lui restait définitivement flou et inconnu. L’espace d’un instant, il envisagea de rester là où il était et de cuver le rester de sa nuit ici (après tout, il ne pouvait pas tomber plus bas, pas vrai ?), puis décida, dans un élan de sagesse atypique, que ce n’était pas une si bonne idée. Retrouver sa chambre d’hôtel et s’écrouler dans son lit relativement chaud avait déjà l’air plus raisonnable.

Des bruits de pas se rapprochant l’arrachèrent à ses pensées – une seule personne, un homme, sans doute, au bruit qu’il faisait. Péniblement, John leva les yeux pour apercevoir la silhouette d’un type en manteau, droit comme un i et au port de tête fier sans qu’il ne puisse distinguer ses traits, marchant vers lui. John rassembla ses forces, et au moment où le mystérieux inconnu enjamba sa pauvre carcasse, trouva enfin l’énergie d’élever la voix – qu’il avait par ailleurs bien rauque.

« S’cuse-moi, mon pote… » La vache, il avait rarement sonné plus misérable. « Tu aurais me dire où on est ? J’suis pas du coin et j’ai laissé mon GPS à l’hôtel… » Non sans difficulté, il se redressa contre son pan de mur, offrant une grimace désolée dans la direction générale de son interlocuteur. « ca ou la station de taxi la plus proche. »




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Compétences:

- Maître incontesté du thé.
- Maîtrise les armes à feu.
- Mécanicien hors pairs.
- Médecin militaire.
- Connaissance en informatique, moyens d'espionnage.
- Patience à toute épreuve... ou presque.
Situation Maritale : Célibataire









MessageSujet: Re: backalley fights (john & alfred)   Ven 10 Aoû - 17:47

ft. John Constantine
Backalley fights


Les applaudissements explosaient dans la salle, comme souvent. A savoir si les gens avaient vraiment appréciés la pièce, ou ne le faisait parce qu'il y avait des noms sur scène. Surtout qu'aux oreilles d'Alfred, le public avait été particulièrement casse-couille ce soir. Si vous lui passez l'expression. Bruyant au possible. Quand est-ce que les gens comprendront que non, un acteur n'est si sourd, ni aveugle quand il est sur scène. Bien au contraire! Il avait tout entendu des discussions rien avoir, aux critiques en direct de la pièce. Comme il avait vu ce mec au deuxième rang regarder son portable toutes les cinq minutes pour voir si le temps passait plus vite... franchement... dans le noir total, il n'y avait que votre saleté de face qui se faisait illuminée... autant dire qu'être discret au théâtre était quasiment impossible. Et que dire de la concentration qui partait à vau-l'eau dans ce genre de moment... l'anglais était satisfait d'en avoir enfin vu le bout.

Installé dans sa loge, il terminait en silence de se démaquiller. Les traits un peu tirés. La journée avait été longue, madame Pennyworth débarqua alors à cet instant dans la pièce. Une belle femme du même âge que lui, des yeux verts à se damner, un port tout aussi anglais que le sien. Une amie de longue date, une alliée, sa meilleure. Car voilà longtemps qu'il avait appris que vous vivre heureux, mieux valait rester cacher. Elle sa couverture. S'ils s'étaient mariés tous les deux, ce n'était pas par amour, enfin si, mais entre deux amis, pas entre deux amants. Ils s'apportaient mutuellement quelque chose, elle, lui offrait cette couverture dont il avait besoin pour pouvoir vivre sa vie intime dans la plus grande des tranquillités.

Elle n'avait ni besoin de sa notoriété, ni de son argent, puisque son nom était aussi reconnu que le sien, mais il lui offrait une vie plutôt tranquille et c'était une promesse qu'ils s'étaient faites toues les deux. Si arrivés à un certain âge, aucun des deux n'étaient mariés, ils le feraient. Une façon comme une autre de ne pas finir seul. Sans pour autant trouver cela étrange. Elle pouvait voir les hommes qu'elle voulait et... lui aussi. Et si parfois, des photos sortaient pour un moment de scandale, ils en riaient, un peu de buzz ne faisait jamais de mal.

Judith venait embrasser son crâne avec un sourire amusé, connaissant l'air grognon de ce compagnon de longue date.

- La salle était pleine.
- J'aurai préféré qu'elle soit à moitié vide, avec un public réceptif... je déteste avoir l'impression d'être une bête de foire.
- C'est le métier mon chou, tu devrais le savoir depuis le temps! Arrête de faire le grognon, ils étaient plus à l'écoute que tu ne le crois. Lui piquant un chocolat qui se trouvait dans une boîte ouverte sur la table.
- Mmm... tu étais là? Qu'est-ce que tu en as pensé?
- Vous étiez fatigué ce soir, ça ira mieux demain.
- Je l'espère...

Terminant de se passer un linge sur le visage pour se rafraîchir, il se levait alors pour passer ses habits civils. Tout en sachant qu'on l'attendait certainement devant le stage door pour un petit échange. Mais vu qu'il prenait un temps monstrueux pour sortir en général, seul ceux qui souhaitaient vraiment le croiser prenaient la peine de rester et il prenait donc la peine d'échanger en leur compagnie. Les autres pouvaient se brosser.

- Nous allons au restaurant avec Karl, tu nous y rejoins?

- Non. Je vais rentrer directement, comme tu l'as dit, nous étions fatigués. Avec un léger sourire, alors qu'il nouait un foulard autour de son cou.
- C'est toi qui sais chéri.

Ah ça, c'était certains. Il passa son manteau et elle lui attrapa le bras jusqu'à la dernière porte qui les séparait de la rue.

- Ne m'attends pas...
- Je m'en doutais.

Ils se séparèrent d'un smack sur les lèvres. Alfred se retrouva alors à l'extérieur, l'air frais lui fit le plus grand bien, avant que d'un sourire poli et avenant, il se laisse aborder par ceux qui avaient pris le temps de l'attendre. Après un petit échange tranquille avec ces personnes, il partait de son côté, les mains dans les poches. Profitant de la nuit pour prendre son temps. Personne n'allait l'aborder maintenant... enfin l'espérait-il.

Malheureusement pour lui, un peu plus loin, il remarqua presque trop tard, qu'une masse informe se trouvait étalée sur le trottoir. Encore l'un de ces saoulards qui ne trouvaient pas mieux comme lit que le bitume... pitoyable. Prenant une marche un peu plus dynamique et surtout assurée, les mains dans les poches, il tenta de passer au plus vite sans se faire aborder, même si pour cela il lui fallait l'enjamber, vu comme la ruelle était étroite. Raté...

Rien de pire que cette manière si... familière de vouloir amorcer un début de demande.

- J'ai pas d'argent si c'est ça que vous attendez... gronda-t-il de sa voix profonde. Autant dire qu'il démontrait par là qu'il ne ferait pas l'aumône. Ce n’était pas son genre. Mais la suite l'adouci légèrement, au moins ce n'était pas un de ces nombreux mendiants qui trainaient dans les parages. Il le fixa alors un instant. Vous êtes étalé contre le mur du BAM theatre, pas loin de Grant Park. Remarquant alors qu'il saignait. On vous a agressé?

Ce qui changerait la donne et sa vue sur cet individu.


Dernière édition par Alfred Pennyworth le Mer 12 Sep - 22:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: backalley fights (john & alfred)   Lun 13 Aoû - 21:25


backalley fights
alfred & john


Ce mépris. Ca en fit presque sourire John (si seulement sa lèvre éclatée n’était pas si douloureuse), ce dédain dans les yeux gris acier de l’homme debout au-dessus de lui, se glissant même jusque dans l’accent ô combien familier et britannique qu’il se trimballait dans la voix. Il s’en souvenait bien tiens, des bien-pensants de Londres qui se foutaient plus ou moins ouvertement de sa gueule quand lui et ses potes punk à chiens zonaient dans les rues du West End où ils détonnaient à côté des étudiants et amateurs de théâtre bien propres sur eux. Il se souvenait bien du mépris affiché, des lèvres dédaigneuses et du regard désapprobateur des malheureux passants qui devaient leur marcher autour pour monter les marches de la National Gallery jusqu’à ce qu’ils ne décident de prendre le métro pour gagner Soho, Camden, ou rejoindre les rives sud de la Tamise pour retrouver leurs semblables. Bordel, merci pour la piqûre de rappel, mon pote, songea Constantine en tentant tant bien que mal de se mettre plus à l’aise sur son fauteuil de bitume. Il n’essaya même pas de détromper le brave homme interrompu dans sa balade nocturne. Sa salive avait beau être mêlée de sang, il préférait l’économiser pour le moment où il allait probablement devoir s’expliquer aux flics sur son état déplorable.

Quand enfin l’inconnu reprit la parole, John fit l’effort de lever les yeux vers lui, à moitié incrédule, avant de regarder autour de lui, la tête encore brumeuse et douloureuse mais ayant enfin une information avec laquelle travailler. Le BAM Theatre. Tout ça pour revenir à son point de départ. Bien joué, John fucking Constantine. « Merci, vieux. » Avec un grognement, John s’adossa mieux à son mur, une main contre la paroi. La question de l’inconnu lui arracha enfin un ricanement amusé. « On a l’œil, dis donc. » Rire lui arracha une grimace et un autre gémissement – nom de Dieu, ils ne l’avaient pas loupé, ces salauds. « Trois contre un. J’veux bien être solide, mais y a moment, même les plus coriaces ont du mal. Puis c’est eux qu’ont commencé. »

Un nouveau grognement, et John rassembla toute la force qu’il lui restait pour pousser sur ses jambes et, prenant appui contre le mur, se relever en espérant vaguement ne pas s’étaler de tout son long dans la seconde qui allait suivre – ce brave passant n’avait déjà pas l’air de le tenir en bien haute estime, mais au moins il avait l’air d’avoir pitié de lui, et la pitié était un outil relativement utile dans ce genre de situation. Quant à sa dignité, John l’abandonnerait volontiers dans cette gouttière si ça pouvait le ramener dans son lit à l’hôtel au plus vite.

Machinalement, John essuya le sang coulant de sa lèvre du revers de la manche de son trenchcoat, fronçant les sourcils à la vue de la trace rouge sombre sur le tissu beige – il en avait vu d’autres et des bien pires, ce diable de manteau, il s’en remettrait. Comme il s’en remettrait lui. Se faire passer à tabac pour une sombre histoire de clope refusée, c’était pratiquement un exercice de routine dans la vie de John Constantine. Satisfait de voir qu’il tenait sur ses deux pattes, l’enfant terrible de Liverpool prit enfin le temps d’inspecter les traits de son guide improvisé – découvrant un homme plus âgé aux traits ciselés, sorti tout droit d’une gravure de Sidney Paget. John aurait été incapable de dire si la confiance flegmatique qu’il dégageait avait quelque chose d’énervant ou d’intriguant, puis décida pour les deux. Il était encore trop ivre pour faire un choix aussi existentiel à ce stade. D’autant plus que cette bibine lui disait foutrement quelque chose.

Une minute. BAM Theatre.

Bien sûr.

Le visage de John exprima l’étonnement avant de passer par une grimace de douleur agacée et un petit rire. « Je me disais bien que ça me disait quelque chose, le BAM Theatre. C’était toi sur scène, non ? » demanda-t-il sans attendre de réponse particulière. « Crois-le ou non, j’étais là jusqu’à l’entracte… puis le type à côté de moi avec son téléphone et sa gonzesse plus bavarde qu’une pie m’ont gavé. Désolé hein, mais j’ai préféré prendre la tangente et me réfugier au pub. Sans compter que tes petits camarades avaient l’air un peu endormis. » Pas que John soit le plus compétent des critiques de théâtre, mais ça ne l’empêchait pas d’avoir envie de donner son avis sur la question. « Toi en revanche, t’étais plutôt pas mal. De c’que je me souviens en tout cas. » Il ne serait pas foutu de donner le titre de la pièce là tout de suite, mais maintenant qu’il y pensait, la voix du type lui était familière. Bizarrement, un élément de familiarité, aussi fugace soit-il, avait quelque chose de presque réconfortant dans cette pitoyable situation.

La paume de sa main collée le mur froid et humide le temps de reprendre ses esprits, John palpa son manteau, histoire de confirmer qu’il avait encore la monnaie pour un taxi, ses clopes, et son briquet. Parfait. Le minimum vital était encore là, il pouvait aller cuver sa gueule de bois et sa concussion ailleurs. Tirant une cigarette de sa poche, il la coinça entre ses dents et l’alluma d’une main aussi peu sûre que son équilibre à l’heure actuelle. De toute façon, ce n’est pas comme s’il pouvait encore rattraper son image auprès du comédien qui, pour une raison qui lui échappait, était encore là.

« Navré de t’avoir retardé. Les stars du théâtre ont sûrement mieux à faire de leur soirée qu’aider un pauvre pochtron après une bagarre. » Il tira une profonde inspiration de sa cigarette, avant de libérer la fumée de ses poumons et dans l’air avec un certain délice, ses épaules relâchant enfin la tension de la soirée. « Remarque, je dis ça… ça fait quoi de ses soirées, un acteur de théâtre ? Métro-boulot-dodo pour vous aussi ? » plaisanta-t-il avec un demi-sourire.





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MessageSujet: Re: backalley fights (john & alfred)   Mer 22 Aoû - 19:39

ft. John Constantine
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L'air, le ricanement de cet homme, fit lever les yeux au ciel à l'acteur. Vu l'heure, il n'avait vraiment pas le courage de supporter ce genre de remarque. Si le mec était en sang, mais qu'il trouvait encore le moyen de faire le malin, c'était finalement qu'il allait bien. Ou qu'il avait trop bu pour vraiment s'en rendre compte. Il ferait mieux de continuer son chemin et de le laisser cuver sur le bitume. Pourtant, une petite voix lui disait de rester, juste pour s'assurer qu'il allait vraiment bien et qu'il ne fallait pas l'amener aux urgences. A l'entendre, il s'était pris une belle raclée, ça se voyait.

- Mmm... et je n'ai pas vu leurs têtes, c'est ça?

En général, c'était la sortie lambda des mecs qui se croyaient malins, plus forts que le reste du monde. Qui ne voulaient surtout pas montrer qu'ils souffraient à mort et que c'était leur égo qui avait pris encore plus que leurs belles gueules.

- Oh oui, c'est souvent la faute des autres...

Franchement, une bagarre entre saoulard, Alfred n'avait guère d'empathie pour cela. Ils avaient tous, sans doute, eu leurs tords. Peut-être que ce pauvre type avait seulement marché sur le pied d'un autre et tout avait pété. Il en fallait peu quand on était imbibé d'alcool. Surtout si le sang était déjà chaud à la base. Pourquoi lui parlait-il encore? N'avait-il pas dit qu'il avait besoin de dormir? Peut-être était-ce à cause de son air de chat perdu, son accent si proche du sien ou encore cette petite voix qui continuait à dire de s'assurer qu'il n'allait pas mourir là... un cadavre près du théâtre, ça pouvait faire mauvais genre.

Le rire ramena notre homme à son interlocuteur, il le fixait en haussant légèrement un sourcil derrière ses lunettes. Alors comme ça, il avait affaire à un spectateur? Décidément... cette soirée était d'une tristesse... enfin, s'il avait été dérangé, il avait bien fait de partir, lui aussi n'aurait pas tenu les deux parties, si un voisin n'avait pas pu s'empêcher de faire du bruit. Il hochait légèrement de la tête pour confirmer que oui, il était bien le mec qui avait été sur scène.

La critique était assez dure pour ses collègues de jeu, mais même son épouse l'avait relevé. C'était bien que ce n'était pas totalement faux. Il se frotta légèrement le menton.

- Oui, ce n'était clairement pas notre meilleure.

Mais même si une troupe voulait toujours être à son cent pour cent, c'était quasiment impossible. Surtout au rythme qu'ils tenaient. Il y avait toujours des bas et ce soir, en avait été un. Il le regardait tenter de se relever, de s'allumer une clope. Finalement, avec difficulté, il y était arrivé. Alfred l'aurait-il aidé sinon, allez savoir... puisque le type tenait sur ses deux pieds, l'anglais décidait qu'il était temps de mettre un terme à ce petit échange et s'apprêtait à prendre congé, quand l'inconnu relança la conversation.

En effet, il avait autre chose à faire, mais sa dernière remarque, sans le faire tiquer, lui fit hausser à nouveau un sourcil, d'un mouvement agile, il jeta un regard à sa montre.

- Ça travail... après tout, le spectacle commençait à 20h30, durait trois heures, il était déjà minuit, les journées d'un homme de théâtre, ne se faisait pas de la même façon que le commun des mortels. Ensuite ça aide les soulards dans la rue, quand ça ne décide pas d'aller boire un coup à son tour. Le fixant. Je vous aide à marcher jusqu'au taxi le plus proche? Je préférai éviter de devoir vous ramasser demain, en venant travailler... fit-il alors presque avec un léger ton taquin.

Au final, être retardé pour être retardé, autant s'assurer que cet homme serait dans un taxi pour rentrer chez lui, au sec et à l'abri. Il s'approchait lentement, pour l'aider à retrouver son équilibre sur ses pieds, passant l'un de ses bras sur ses épaules, l'autre tenant sa hanche. Vu les tailles différentes, c'était loin d'être le truc le plus simple, mais c'était efficace.

- Anglais non?

John n'était pas le seul à avoir reconnu l'accent du pays.
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MessageSujet: Re: backalley fights (john & alfred)   Lun 27 Aoû - 0:00


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L’air de chat perdu de John l’avait sorti de plus d’un mauvais pas par le passé. C’était pas forcément très glorieux de l’avouer, mais s’il y avait bien une chose à laquelle certaines personnes étaient incapables de résister, c’était un parfait inconnu avec une gueule pas trop dégueulasse et l’air perdu dans la ville et dans la vie, à n’attendre que la main salvatrice d’un bon samaritain qui voudra bien le tirer de sa gouttière. Pitié et compassion, les deux cordes sur lesquelles John avait appris malgré lui à tirer en cas de besoin. Ah ça, il n’en était pas fier, loin de là.

Mais venait toujours un moment où la solitude et sa pitié de lui-même le poussaient dans ses retranchements et lui faisaient jeter ce qui lui restait de fierté par la fenêtre.
Aussi John se crispa-t-il brièvement, submergé par un sentiment de confusion et de vague honte alors qu’un bras solide s’enroulait autour de sa taille et que son propre bras était jeté autour des hautes épaules de l’acteur ; puis il se détendit, décidant qu’au point où il en était, il n’avait plus rien à perdre, et laissa une force supérieure à la sienne l’aider à retrouver le chemin vers les files de taxi dans l’avenue principale un peu plus loin. De temps en temps, accepter un peu d’aide ne faisait pas de mal, finalement. Appuyé contre son garde du corps improvisé, John fut en mesure de rassembler ses esprits, l’air frais de la nuit chassant progressivement les vapeurs de l’alcool qui lui embuaient la tête.

Dieu qu’il était pitoyable.

Un rire à peine audible franchit la frontière de ses lèvres, et il hocha la tête en réponse à la question de son sauveur. « Liverpool. Enfin, à la base. J’ai créché pas mal de temps à Londres, mais ça fait quelques temps que j’suis pas retourné au pays. » Et c’était pas dit qu’il y retourne de sitôt, même si l’accent familier de ce brave type lui donnait des remontées de nostalgie dont il se serait bien passé. « Et toi alors, Hamlet ? J’ai l’impression d’entendre l’accent d’Eton et d’Oxbridge, mais j’imagine que tous les acteurs britanniques de la planète doivent apprendre à l’imiter pour se faire un trou dans le milieu… C’est pas une petite pointe du nord que je devine dans tes r ? » demanda-t-il avec un demi-sourire alors qu’ils sortaient de la ruelle pour s’engager dans la plus grande avenue, encore peuplée par les promeneurs nocturnes et les fêtards.

Ca ressemblait tellement au vrai monde, cette foule informe, d’où émanait un milieu de couleurs et de parfums et de sons, qu’il ne pouvait blâmer personne de se laisser prendre à l’illusion de réalité de cette foutue dimension. L’espace d’un instant, John se demanda qui était ce brave acteur dans leur autre monde – dans la vraie vie. Etait-il seulement vraiment acteur ? Ou vivait-il là un fantasme inavoué, l’escapade ultime, comme lui avait enfin un aperçu d’un monde dans lequel il n’avait pas à porter la mort d’Astra sur sa conscience ? Et surtout, avait-il eu la chance d’oublier, contrairement à lui qui devait vivre en sachant que le soulagement de son fardeau n’était que factice ?

… et merde, il avait besoin d’un autre verre.

Alors qu’ils avançaient vers les taxis, John sentit brusquement une main cruelle planter ses griffes froides dans sa poitrine, anticipant déjà le silence et la solitude de sa chambre d’hôtel, les ténèbres qui ne manqueraient pas de venir le tourmenter dès qu’il aurait les yeux fermés maintenant qu’il avait dessoûlé. Presque malgré lui, John ralentit le pas, évitant le regard de l’homme dont il abusait outrageusement la patience – ses yeux tombèrent sur un bar encore ouvert, et une idée germa dans son esprit.

« T’as bien dit que les acteurs sortaient pour un dernier verre avant de rentrer, non ? » remarqua-t-il en tournant enfin la tête vers son compagnon, inspectant ses traits ciselés et dignes – il avait probablement l’âge d’être son père, mais la poigne qu’il exerçait sur John était celle d’un type de son âge. Impressionnant, et pas désagréable. « Un pote à moi que j’ai ramené d’Angleterre est cabbie. Je pensais l’appeler à la rescousse pour me ramener à l’hôtel – doit bien y avoir un téléphone dans ce bar. Si ça te tente de venir prendre un verre… » Le sourire en coin retrouva sa place à la commissure de ses lèvres. « Pour te remercier de ton aide, bien entendu. Et puis, si tu veux éviter de payer une course pour rentrer chez moi, on pourra te déposer en chemin. Solidarité britannique. »






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MessageSujet: Re: backalley fights (john & alfred)   Sam 1 Sep - 16:53

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Alfred était bien loin de ce que l'on pouvait appeler un bon samaritain. Mais ça lui arrivait parfois de faire un effort. Peut-être aussi parce qu'il n'avait rien de mieux à faire. Et qu'il pensait sans doute le fait de ne pas avoir à devoir le ramasser demain matin en venant bosser. Quoique... ce serait sans doute la sécurité du théâtre qui risquait de faire dégager le poivrot et manu militari en plus de cela. Vu la tronche déjà amochée du mec, il n'y avait pas besoin d'en rajouter plus.

Un sourire amusé marqua ses traits, se faire appeler Hamlet... y avait pire certes, mais y avait mieux aussi. Voilà longtemps qu'il avait passé l'âge d'un tel rôle, non maintenant, il était plus proche d'un roi Lear, ce qui n'empêchait pas qu'ils finissaient finalement tous les deux pareils. A lui de ricaner quelque peu. On ne pouvait cacher son accent à des gens du pays, il n'y avait bien que les américains pour croire qu'ils parlaient tous de la même façon.

- Touché... en français pour faire genre. Mais voilà longtemps que je n'ai pas mis le pied dans le Yorkshire, j'ai plus perdu mon accent que je ne l'ai vraiment changé. Un peu comme toi, Liverpool semble aussi loin que Londres.

Les lumières de la rue principale étaient presque agressives après la pseudo pénombre qu'offrait celles proches du théâtre. Alfred restait souvent surpris de cette grandeur américaine, qu'il ne goûtait pas vraiment. C'était souvent de trop. Trop grand, trop lumineux, trop tout... sans compter que Savage n'aidait pas à ce que cela change, bien au contraire.

Tenant encore toujours fermement son colis, il cherchait un taxi libre des yeux, quand ce dernier repris alors la parole. Sa façon de poser la question lui faisait se dire qu'il n'allait clairement pas rentrer plus tôt chez lui. Une invitation sous-jacente? Pas sûr qu'il accepte pour autant.

- Ça leur arrive, oui. Quand ils sont d'humeur... il le fixa alors un instant, se demandant si tout cela n'était pas du pur baratin. Peut-être était-il en train d'entrer dans une arnaque et risquait de réellement finir avec son porte-monnaie vide. Ne jamais faire confiance à un étranger, même si ce dernier semblait s'être prit la raclée de sa vie et faisait peine à voir. Un pote cabbie hein? Il marquait un temps. Bien sûr. En écho aux propres paroles de l'inconnu qui parlait de prendre un verre en tout bien tout honneur. Son regard sombre le fixait, comme s'il tentait de lire en lui, sans aucun succès bien entendu. ... pourquoi pas... il en connaissait une qui risquait bien de se foutre de sa tête, alors qu'il avait dit vouloir rentrer rapidement à l'hôtel.

Pennyworth prenait alors le chemin du pub, tenant toujours le mec en appui sur ses épaules. Il poussait la porte tant bien que mal et laissait le mec s'écrouler sur une chaise.

- On va attendre de voir si vous tenez seul sur vos deux pieds pour ce coup de fil, hum? Bière, café? Posant son manteau sur le dossier d'une chaise, alors qu'il allait au comptoir passer la commande. En fait, même si cet anglais voulait quelque chose de plus fort, c'était deux pintes qui étaient posées sur la table. Même s'il avait parlé de lui offrir un verre, il paierait la prochaine tournée. Pour commencer... fit l'acteur avec un petit sourire en coin.

Fallait-il vraiment en dire plus? Après tout, nos deux britanniques savaient l'un comme l'autre faire honneur à l'un des plus grands clichés de leurs pays. Ils savaient être de gros buveurs, même si son interlocuteur avait une bonne longueur d'avance sur lui, Alfred avait - à une époque - aussi eu ses périodes de saoulerie monumentale.

- Cheers. Levant son verre avant d'en prendre une gorgée, finalement, c'était agréable. Et mis à part se faire secourir par des bonnes âmes, il a un nom le soulard? Pourquoi le traiter différemment? C'était bien ce qu'il était non? Mais éviter de l'appeler ainsi ou machin à l'avenir, ne serait pas plus mal, quand même.
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Connaissance encyclopédique de divers types de magie ; ondes synchrones (toujours au bon endroit au bon moment) ; manipulation de sa propre chance et des probabilités ; magie noire et occultisme ; exorcisme ; invocation de démons ; 'Worldwalker', une des rares personnes à connaître tous les chemins entre paradis, enfer, et au-delà ; voyage inter-dimensionnel ; contrôle des esprits et persuasion ; illusion ; pyromancie ; divination ; nécromancie ; cercles magiques ; magie rituelle ; magie du sang ; extrêmement résistant à la télépathie, au contrôle mental, et à la possession ; maître manipulateur ; prestidigitateur confirmé.


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MessageSujet: Re: backalley fights (john & alfred)   Dim 16 Sep - 12:50


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Victoire. John retint ce qui constituait presque un soupir de soulagement et entra dans le bar, son sauveur improvisé sur ses talons, pour trouver une table libre dans la foule relativement compacte. Une fois que ce fut chose faite, il laissa son comparse passer commande, approuvant d’un geste vague de la main et déjà concentré sur autre chose dès qu’il eut le dos tourné. Il avait dessoulé, mais les coups qu’il avait enduré avait laissé leur marque, s’il en jugeait par son reflet flou dans la vitre du bar. John fit la grimace et le regretta aussitôt, son visage martyrisé le faisant souffrir. Il soupira ; avant qu’une silhouette ne vienne lui faire de l’ombre. Il leva les yeux et découvrit un serveur lui tendant un paquet enroulé dans un torchon de cuisine propre. Des glaçons. Béni soit ce brave type. John accepta l’offrande et lui dédia un demi-sourire de gratitude avant de regarder son deuxième sauveur de la soirée s’éloigner.

Voilà qui était bien mieux, songea-t-il en pressant les glaçons contre ses hématomes en formation. Le contact froid lui arracha un sifflement muet entre ses dents, qu’il ravala aussitôt. Serre les fesses Johnny-boy, le plus dur est passé. La prochaine fois, t’y réfléchiras à deux fois avant d’aller faire le couillon au lieu de rester sagement assis dans un théâtre.

Quoique, raisonna-t-il alors que son compagnon revenait avec les bières tant espérées. S’il ne s’était pas faire casser la figure de façon pitoyable, il ne serait pas en train partager une pinte avec la star du show, dont il commençait à sérieusement apprécier le côté pince-sans-rire et l’esprit d’aventure. A moins que sauver des ivrognes avant d’accepter d’aller boire un verre avec eux ne soit dans ses habitudes. Ne jamais juger un livre sur sa couverture, il était trop bien placé pour ne pas savoir que ça pouvait jouer de sacrés tours.
John ricana, posa son torchon de glaçons, et leva son verre à l’acteur. « Cheers to you, mate. » A son tour il descendit quelques gorgées, le goût familier et presque réconfortant du malt dans toute son amertume envahissant son palais comme une foutue madeleine de Proust. Voilà qui était bien mieux. « John Constantine. » annonça-t-il avec son sourire le plus charmeur, avant de tendre la main à son interlocuteur. « Et si j’ai bien lu le programme, ma bonne âme de la soirée s’appelle Alfred, je me trompe ? » Il était à peu près sûr de son coup. Mais vu l’état dans lequel il était encore vingt minutes auparavant, vérifier ne pouvait pas faire de mal. John ne se donnait pas la peine de retenir les noms s’il n’avait pas un minimum d’intérêt pour les concernés. Et ce brave type – acteur, blasé, bon samaritain, buveur désabusé, se révélait de plus en plus intéressant à chaque seconde qui passait. Ca, ou John avait tellement coulé dans la solitude depuis qu’il avait atterri dans cette aberrante dimension qu’il en était réduit à grappiller la moindre miette de distraction qui lui permette d’oublier cet enfer probablement mérité.

A ce stade, il s’en foutait pas mal.

John s’avachit sur sa chaise et avala une nouvelle gorgée de bière. « Alfred, t’as été un ange, ce soir. J’aimerais faire quelque chose pour te remercier – outre l’offre d’un taxi gratuit entre compatriotes, ça tient toujours. Vois-tu, t’es pas le seul à être un peu showman de nous deux. » Les yeux sombres de John brillèrent d’une étincelle malicieuse, et il tira de sa poche une pièce de monnaie qu’il plaça sur la table, entre eux deux – un air de conspirationniste sur le visage. Même dans cette dimension à deux balles, la prestidigitation restait un excellent moyen de rentrer dans les bonnes faveurs de quelqu’un. Il n’y avait guère que les sans-cœurs pour ne pas s’abandonner à cette brève seconde d’émerveillement en assistant à un miracle que la partie rationnelle de leur cerveau refusait d’expliquer. John prit la pièce dans sa main gauche et referma ses doigts dessus, avant de souffler sur son poings fermé et de le rouvrir, révélant une paume vide – et d’ouvrir sa main droite pour révéler la pièce de monnaie miraculeusement téléportée là. Elémentaire, mais toujours une bonne entrée en matière.

« J’fais pas de shows privés d’habitude, mais comme je t’aime bien, je fais une exception pour toi. » Avec une habileté travaillée, il fit sauter la pièce dans son autre main et l’attrapa au vol avant de tourner son regard vers Alfred, un semi-sourire au coin des lèvres. « Ou alors tu fais partie de ces types qui trouvent que la magie, c’est pour les gosses et les losers dans mon genre ? »







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MessageSujet: Re: backalley fights (john & alfred)   Lun 17 Sep - 13:32

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Et bien, à croire qu'il y avait encore des gens bien dans ce coin de monde, pensait Alfred en voyant l'individu avec une poche de glace collée à sa mâchoire. On avait pensé à l'aider en voyant sa tête tabassée. Cela remettait un peu d'espoir en l'humanité. Il aurait pu aussi y penser, mais la boisson avait été plus importante. Chacun ses priorités, n'est-ce pas?

Non, notre homme n'était pas du genre à ramasser les ivrognes qu'il rencontrait. C'était même le plus souvent le contraire. Il se méfiait de ce genre de personnage, beaucoup trop peu sûr à son goût. Il préférait éviter de se faire agresser pour un mot ou un regard que l'autre aurait pris de travers. L'alcool rendait souvent les gens mauvais et il se souvenait de quelques passages à tabac qu'il avait subi, sans vouloir renouveler l'expérience. L'avantage de son statut aujourd'hui, il n'était pas intouchable, mais il pouvait avoir droit à un garde du corps s'il le demandait.

Si cet homme avait eu droit à son aide, c'était sans doute parce que son air de chat perdu plaisait à l'anglais. Il n'allait pas nier qu'il lui trouvait un air charmant sous ses blessures. Certes, il donnait cette impression d'être un type qui se retrouvait souvent dans les embrouilles, son petit sourire sournois en disait assez long aussi, mais Pennyworth s'en moquait un peu, un peu d'amusement n'engageait jamais à rien. Si ce dernier était partant, bien entendu. Il le verrait bien au fil de la discussion.

Oui, l'acteur avait un peu mis sa fatigue de côté, il n'était jamais contre un moment d'égarement. Cela permettait de faire le vide, ce qui n'était pas plus mal parfois. Il serra la main du fameux Constantine avec un sourire amusé.

- John, enchanté. Hochant de la tête. Absolument pas, finalement, l'alcool n'a pas tout effacé.

Depuis longtemps, Alfred avait appris à observer les gens, leurs mimiques, leurs gestes, afin de s'en nourrir pour ses personnages. Lui permettant une personnification plus intense, tout en ayant l'air on ne peut plus naturel sur scène. C'était un travail de tous les instants, son esprit s'arrêtait rarement de le faire. Une habitude qu'il avait prise et qui lui servait tous les jours. John démontrait une certaine forme de je m'enfoutisme générale, comme si rien ne semblait l'atteindre. Que ce soit ce que l'on pouvait penser de lui ou de l'image qu'il présentait au monde. De quoi se demander ce qu'il avait bien pu vivre pour arriver à un tel état.

Son écoute était tout aussi attentive que son observation et il haussait légèrement un sourcil alors que son interlocuteur lui parlait de le remercier en bon et due forme. Il l'intriguait, parce qu'il se demandait ce qu'il pourrait bien trouver pour cela. Surtout que notre homme ne lui avait pas donné ce coup de main en espérant quelque chose en retour. Il attendait de voir où toute cette histoire les mènerait.

- Ah? Vraiment? Curieux de voir dans quel business ce dernier évoluait. Sans doute quelque chose qui devait se rapprocher de l'arnaque en tout genre.

Oui, ce John lui donnait cette impression d'être le type qui pouvait vous rouler dans la farine en quelques mots bien choisis. On ne trompait pas un type qui chaque soir revêtait la peau d'un autre. La malice dans le regard de son vis-à-vis lui plut quelques secondes, avant qu'il ne porte son attention sur la pièce entre ses mains... ah voilà, on en était là. Il laissa le plaisir à John de faire son petit show, gardant son sourire, tandis qu'il reprenait une gorgée de sa bière.

- Je pensais l'avoir derrière l'oreille. D'un ton posé, mais pas blasé pour autant. La magie, c'était tout un art. Il respectait ces prestidigitateurs qui savaient, eux aussi, émerveiller les petits comme les grands. Un show privé, hein? Il ne manqua pas de rire quelque peu. Voilà qui est original. Ce n'était pas tous les jours qu'on se faisait offrir un spectacle gratuit, simplement parce qu'on avait donné un coup de main. Non, je ne suis pas de ce genre-là. J'ai rien contre la magie, c'est un art en soi. Le fixant. Plutôt que de me faire un show, apprends-moi plutôt un tour, que je puisse un peu surprendre mon monde, moi aussi. Passant avec un certain naturel au tutoiement.

Pourquoi ne pas rajouter une corde à son arc? C'était toujours un plus, peut-être que des metteurs en scène trouveraient l'idée bonne d'inclure à leur personnage la capacité d'être suffisamment agile de ses doigts pour surprendre l'audience.
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MessageSujet: Re: backalley fights (john & alfred)   Sam 29 Sep - 22:31


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Ce qu’il avait pu traverser pour en arriver à être dans cet état, John ne le savait plus très bien lui-même. Une vie, une autre – il faisait partie des rares à savoir faire a distinction entre les deux, la vraie et la fausse, la cruelle réalité et le mensonge tortionnaire, mais la douleur et l’amertume restaient les mêmes. L’illusion était gravée dans sa chair depuis le jour où les milices anti-homo magi l’avaient attrapé et envoyé de force à Ravenscar, dans un retournement de situation aussi ironique que cruel, alors même qu’Astra était encore en vie. Comme si, quelle que soit la dimension, même dans celle où il avait réussi l’impossible, il devait encore payer pour l’échec de la réalité. Fuck this. Avec un demi-sourire absent suspendu au coin des lèvres, John prit une nouvelle gorgée de bière, sentant déjà revenir la nécessité d’étouffer son esprit dans les vapeurs de l’alcool avant qu’il se déraille. Concentre-toi, John. T’as un public, de la compagnie, et de la distraction. En temps normal, c’était tout ce qui lui fallait pour refouler ses problèmes au placard.

Y compris ceux liés au fait que la réalité qui les entourait n’était qu’une vaste farce en train de se transformer en plaie béante.

« T’apprendre un tour… » répéta John, songeur, avant de relever les yeux pour croiser le regard inquisiteur d’Alfred. Il ne détourna pas le sien. Si les yeux étaient le miroir de l’âme, il se demandait si Alfred pouvait voir à quel point la sienne était en lambeaux. Il fit tourner la pièce entre ses doigts, avec une habileté inattendue de la part d’un pochtron prêt à se soûler pour la deuxième fois de la journée. « Un vrai magicien ne révèle pas ses secrets, normalement. C’est contraire à toute l’éthique de la profession, ce que tu me demandes, Alfred. »

Comme si John Constantine en avait un jour eu quelque chose à foutre, de l’éthique de la profession qui n’était même pas la sienne.

Allez, après tout, qu’avait-il à perdre dans l’histoire ? Il avait plus qu’à espérer qu’il n’était pas trop rouillé. Il n’avait jamais été du genre très pédagogue, après tout. John sortit de sa poche une deuxième pièce de monnaie, identique à celle qu’il avait utilisée pour impressionner Alfred ; il aurait pu lui apprendre un tour de cartes, mais après tout, à part les types louches dans son genre, qui se baladait en permanence avec un paquet de cartes à jouer dans la poche ?

« T’es un homme de théâtre, je suis sûr que t’as déjà entendu parler du concept de misdirection. Tu sais, attirer l’attention du spectateur à un endroit pendant que le vrai tour se déroule ailleurs. C’est la seule chose dont t’as besoin avec une pièce de monnaie – et des doigts un peu habiles. » expliqua-t-il en prenant la main d’Alfred pour la tourner paume vers le haut, et y laisser la pièce de monnaie. Le contact n’était pas entièrement nécessaire, mais le charme faisait partie du métier, pas vrai ?

Et Alfred avait un certain charme auquel John, imbécile et incorrigible John, n’était pas entièrement insensible. Bon sang, il avait bien deux fois son âge. Incorrigible. Dieu merci, il pouvait toujours blâmer l’alcool pour son invasion de son espace personnel – et il laissa sa main sur la pièce de monnaie comme pour la couvrir, relevant les yeux pour regarder Alfred avec tout le sérieux dont il était capable dans cet état.

« Tout ce qui compte c’est ton bluff. Convaincre ton public que la pièce est dans une main, alors que tu l’as laissée dans l’autre depuis le début. Ces pièces ont la taille parfaite pour ça – regarde, tu peux facilement la coincer dans ta paume sans avoir à fermer les doigts. L’illusion d’une main vide d’un côté, l’illusion d’une main pleine de l’autre. »

John en fit la démonstration, coinçant sa propre pièce dans la paume de sa main droite et tournant les deux mains au-dessus de la table, paume vers le bas. « Après, t’es libre d’inventer ce que tu veux pour faire semblant de la passer dans l’autre main… » Le geste accompagna encore la parole. « Sur laquelle tu insistes, parce que c’est ça que tu veux que ton public regarde. Fais-lui oublier la main supposément vide. T’es un acteur, je suis sûr que tu te débrouilleras mieux que moi en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. » ajouta-t-il non sans une pointe de taquinerie.

C’était Zatanna qui lui avait appris la plupart des tours de prestidigitation qu’il connaissait. Une pointe de nostalgie lui étreignit le cœur.

John rouvrit les deux mains, révélant la pièce qui n’avait pas bougé de son emplacement initial. John la posa sur la table et prit une nouvelle gorgée de sa bière qui commençait à dangereusement se vider, avant de croiser les bras sur la table et de regarder Alfred avec un sourire en coin. Il avait l’air si sérieux, la star du théâtre, et tellement respectable et pince-sans-rire. Ca donnait envie de titiller tout ça pour voir si le masque était fidèle à la réalité. Et même ce nom, Alfred Pennyworth. Curieusement, ça lui disait quelque chose.

Mais à ce stade de la soirée, il serait bien incapable de dire quoi.

« A ton tour, Lawrence Olivier. Impressionne-moi. »







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MessageSujet: Re: backalley fights (john & alfred)   Jeu 4 Oct - 15:59

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Alfred ne demandait pas la lune, juste un petit tour, même s'il savait déjà comment se passait le coup de la pièce. En théorie en tous les cas. Mais c'était plus simple à enregistré si on lui faisait une démonstration en live. Bien entendu, John parti sur la règle immuable qui régissait le monde de la prestidigitation. Ne pas dévoiler les secrets, ne pas donner les trucs, ne pas casser la magie. Les magiciens étaient secrets, jaloux et protecteurs de leur savoir. Ce qui pouvait être compréhensible. L'anglais savait que pour entrer dans ce monde, il fallait se trouver une sorte de "maître", de "guide" de ces arts, pour être initié et entrer dans les petits secrets. Lui ne tenait pas à en savoir autant que ça.

- Je le sais, John. Mais à service rendu, secret dévoilé. Non? D'un sourire malicieux.

Cet homme pouvait être aussi un peu fourbe sur les bords. Mais on lui avait toujours dit qu'il fallait bien tenter pour voir ce qui arrivait. Mieux valait des remords que des regrets. Et ce, en tout. Finalement, il avait bien fait, son interlocuteur ne résistait pas très longtemps. De plus, ce n'était pas comme s'il allait lui dévoiler comment passer la muraille de Chine.

Toujours assez attentif quand on lui expliquait les choses, Pennyworth suivait des yeux les mouvements des mains de John, tout en l'écoutant avec attention. En effet, il connaissait le principe, au théâtre aussi ils l'appliquaient parfois. Quand des effets devaient être produits pour surprendre le spectateur. Le contact de la main de son interlocuteur sur la sienne, ne le dérangea clairement pas, bien au contraire, il laissait faire, curieux de voir à quel petit jeu allait réellement jouer ce... magicien. Ses doigts venaient prendre la pièce mise à disposition et il la faisait tourner entre eux, la planquant donc dans sa paume, refaisant les gestes de son prof improvisé. Ça n'avait vraiment pas l'air compliqué, cela demandait juste surtout de la pratique.

- Intéressant. Lui n'arrivait pas à rendre cette illusion parfaite, pas encore en tous les cas. Mais ce serait un entraînement à avoir pendant les temps morts et la période d'attente avant le lever de rideau. Tout n'est qu'illusion, comme souvent dès qu'on se retrouve dans le domaine du divertissement, n'est-ce pas?

Pas dupe pour un sous sur le milieu dans lequel il évoluait. Il eut un petit rire à la remarque de John. Il n'estimait pas avoir le talent d'un mec comme Olivier, mais c'était agréable de se faire traiter ainsi. Cela démontrait aussi la certaine culture que devait avoir son interlocuteur. Certes, il venait de donner le nom de l'un des plus grands acteurs de théâtre anglais, ayant foulé les planches, c'était à la portée de n'importe qui... mais quand même...

- Du calme Houdini, je tente déjà de faire quelque chose d'un peu fluide avec mes mains...

L'homme tentait donc, tant bien que mal, de faire disparaître cette pièce dans sa paume, de bouger les mains, de faire croire quelque chose, de la faire apparaître ailleurs et ce, plusieurs fois de suite, pour devenir fluide, pour maîtriser suffisamment le mouvement pour ne plus y réfléchir. L'avantage d'apprendre de long texte, aux phrases et aux sens parfois compliqués et alambiqués. Il apprenait vite et bien. Finalement, ce fût John qui se retrouva avec une pièce derrière l'oreille.

- Alors? Qu'en pense le professionnel? Je passe le test?

Son air était plus taquin que réellement sérieux. Il l'embêtait gentiment, sans arrière-pensée aucune, reprenant une gorgée de sa bière, remarquant que son compère avait déjà presque fini la sienne. Sa descente était impressionnante, mais normale pour un anglais. En tous les cas, aux yeux d'Alfred.

- Encore une? Ou voulait-il passer à quelque chose de plus fort? S'il voulait se bourrer à nouveau la gueule, c'était bien son problème. Le théâtreux n'était pas là pour l'emmener voir les alcooliques anonymes. Tu es donc dans la prestidigitation? Tu fais ce boulot depuis longtemps?

Curieux? Oui ça lui arrivait.
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MessageSujet: Re: backalley fights (john & alfred)   Mer 17 Oct - 21:15


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« Tout n’est qu’illusion, comme tu dis. » répéta John, avec un sourire aussi faux que le monde qui les entourait. Quelle ironie. Si seulement Alfred pouvait réaliser à quel point sa remarque pleine de philosophie résonnait de vérité, peut-être qu’il se sentirait moins seul, le Johnny, pauvre Cassandre incapable de partager son savoir sous peine de passer pour un cinglé. Un séjour en asile psychiatrique dans ce monde-ci lui avait amplement suffit, et il ne tenait pas à retenter l’expérience. Donc il ferma sa gueule. Pour une fois. Décidément, ce monde lui en faisait voir de toutes les couleurs à la première occasion, pas vrai ?

Se retenant de sortir une clope de son manteau (foutus américains et leur politique de non-fumeurs, belle bande d’hypocrite quand on y pensait), John croisa les bras et concentra son attention loin de es considérations pessimistes, sur les mains d’Alfred tentant de répliquer le petit tour qu’il venait de lui montrer – et pas si mal que ça, pour un débutant. Un solide sens de l’observation, une application tout à fait sérieuse, presque scolaire, qui arracha un demi-sourire à John, et des doigts habiles. Décidément, il avait tout pour plaire, ce brave homme. John garda soigneusement ses pensées pour lui et descendit une nouvelle gorgée d’alcool, l’amertume du houblon à peine détectable maintenant qu’il avait tout à fait coulé dedans. La chaleur du bar était confortable, comme une couverture lourde et enveloppante dans laquelle il pourrait s’endormir et décider que fuck it, ça ne valait plus la peine de sortir du lit le matin.

Peut-être que c’était même pas une si mauvaise idée que ça, même.

La voix d’Alfred l’arracha à ses pensées mélancoliques, et John esquissa un demi-sourire. « Impec’, pour un débutant – très fluides les mains, on sent la pratique de l’acteur. Continue de t’entraîner, et je pourrai t’apprendre des tours de cartes. » D’une traite, le magicien en chef termina son fond de pinte et reposa le verre vide sur son dessous de table, avec une vague grimace lorsque les résidus de houblon au fond de la bière lui attaquèrent les papilles gustatives. La proposition d’Alfred, néanmoins, ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd. Aussi déraisonnable soit-elle.

« C’est qu’il essaye de me soûler à nouveau, l’artiste ? On croirait presque que t’as une idée derrière la tête. » N’inverse pas les rôles, Constantine. « Proposé si gentiment, ça se refuse pas. » D’un vague geste du bras, John attira l’attention d’un serveur empressé qui prit rapidement leurs commandes avant de repartir à son poste. Une fois le serveur hors de vue, John se laissa aller contre la banquette et reprit dans sa main la pièce de monnaie qui venait de si bien les distraire, la faisait glisser entre ses doigts avec une agilité entraînée malgré l’alcool. « Un peu prestidigitateur, un peu débrouillard. Freelance. Et vagabond. Je reste jamais bien longtemps au même endroit. » avoua-t-il sans fard. « Je voyage avec mon pote cabbie, dont je t’ai parlé. On va d’une ville à l’autre, on trouve du taf, on partage les courses, et rebelote. Des nomades des temps modernes. »

Le serveur interrompt son monologue en déposant leurs commandes devant eux. Nom de dieu, qu’est-ce qu’il n’aurait pas fait pour une clope, là tout de suite. Attendant à peine, John attaqua sa nouvelle pinte, plus par habitude que par envie. Il se demandait bien ce qu’il pouvait penser le brave Alfred. De lui, de la soirée inattendue qu’il était en train de passer. Il avait bien dit qu’il était juste censé rentrer chez lui après le spectacle, non ? Est-ce qu’il commençait à regretter, ou est-ce que son cirque était assez distrayant pour l’amuser et lui faire valoir le coup ?

« Il commence à se faire tard avec nos enfantillages. Je voudrais pas te retenir alors que t’as sûrement encore du boulot demain. » remarqua-t-il sans avoir l’air de le penser le moins du monde. Si ça ne tenait qu’à lui, ils seraient encore là au petit matin. Allez savoir. « Ou pire, si une épouse éplorée t’attend au domicile familial, se demandant où son respectable mari a pu fiche le camp à une heure pareille… » Un sourire taquin ourla le coin de sa lèvre tuméfiée. Vraiment aucun scrupule. Le degré zéro de la réserve – mais au point il en était, ça ne faisait pas une once de différence.








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- Connaissance en informatique, moyens d'espionnage.
- Patience à toute épreuve... ou presque.
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MessageSujet: Re: backalley fights (john & alfred)   Ven 2 Nov - 18:42

ft. John Constantine
Backalley fights

L'illusion était la base de leurs métiers, enfin parce qu'Alfred estimait que John devait donc en faire partie d'une façon ou d'une autre, ils avaient appris à faire avec et le comédien ne pouvait pas voir le sous-entendu de son interlocuteur, n'étant toujours pas éveillé au faux monde qui l'entourait. A croire que le majordome appréciait cette vie créée de toute pièce. Tout le monde n'en avait pas une nouvelle pourrie.

Tout en s'entraînant, il jetait parfois un regard à son interlocuteur, remarquant bien que ce dernier semblait être perdu très loin dans ses pensées. Le regard presque mélancolique qu'il avait, lui faisait comprendre ou penser, que la murge qu'il s'était faite quelques heures plutôt, pouvait avoir un lien de cause à effet. Mieux valait donc ne pas juger et laisser parler, si l'autre s'en sentait l'envie. S'intéresser à des petits tours de passe-passe était aussi un moyen de changer les idées, de faire oublier la misère d'une vie et de profiter de l'instant présent.

- Woah, le niveau supérieur. Je suis un homme privilégié. Fit-il avec un petit sourire.

Non, Alfred ne se moquait pas de son comparse de boisson, il tentait juste de faire un peu d'humour. Caustique certes, mais c'était aussi pour cela qu'il était connu. Mais ne disait-on pas : "qui aime bien, châtie bien"? Ce John ne lui était pas désagréable, il y avait quelque chose dans sa compagnie qu'il appréciait, sans pour autant être capable de mettre vraiment le doigt dessus. Peut-être parce qu'il était finalement content de ne pas retrouver tout de suite l'appartement vide, que cela le sortait de sa routine, qu'il fallait parfois - aussi - se mettre un peu en danger, pour profiter de ce que le présent offrait. Bref, cet homme était un divertissement finalement agréable, alors... il en profitait.

- Je pense que je n'ai guère besoin de te pousser à consommer, avec ou sans moi, je parie que tu le feras. Le fixant, un petit sourire en coin, une lueur de malice s'alluma un instant au fond de son regard. Qui n'en a pas? Allez savoir ce qu'il était en train de penser. Peut-être tâtait-il tranquillement le terrain, avant d'hocher de la tête. Tu peux prendre un café, si tu préfères. Taquin, alors que lui n'en était pas encore à la moitié de sa première pinte.

Sans être un misérable, John semblait plutôt être de la trempe de ces mecs qui aimaient parcourir des kilomètres, sans jamais être prêt à se poser nulle part. Peut-être parce qu'il fuyait quelqu'un, ou quelque chose. Mais chacun vivait sa vie comme il l'entendait, ou le pouvait.

- Ça donne envie, dis-moi...

Pennyworth se disait que ce type pouvait être aussi, un peu filou, l'arnaque aidait aussi à pouvoir vivre sur la route. Enfin, ce n'était pas les quelques dollars qu'il mettait dans la boisson qui risquait de poser problème à son portefeuille. Les nouvelles pintes étaient posées devant eux, il la mettait de côté, observant à nouveau la descente de son compatriote.

- Mmm... tu m'as promis un lift, j'attends donc de voir ce fameux taxi. Gardant son petit air tranquille et amusé. Un petit rire passait ses lèvres alors qu'il parlait de la potentialité qu'il soit marié - ce qui n'était pas une erreur en soi - et de comment il pouvait être perçu dans son entourage. Respectable ne faisait clairement pas parti des adjectifs qui lui convenait réellement. Tout le monde sait que dans ce milieu, respectable, fidèle et honnête ne sont pas des qualificatifs qui s'accordent facilement avec la vie d'artiste. Tapotant légèrement le bois de la table de ses doigts, laissant voir l'alliance qui d'ailleurs ornait son annulaire.

Il n'en faisait pas une généralité, mais il savait comment les choses marchaient. Il le voyait tous les jours au boulot, les liens qui se tissaient entre les personnes, célibataires ou non, qu'importe, ce qu'il se passait sur un plateau, dans un théâtre, restait là et tout le monde s'en accommodait. Il savait que jamais il ne prendrait le risque - en connaissant les coulisses - de se mettre en couple avec quelqu'un du milieu, si lui, le quittait. Trop dangereux pour sa paranoïa et sa jalousie. Bien qu'il n'était ni l'un, ni l'autre.

- Finalement, une bière pour changer la routine, me convient. Le fixant un instant. J'imagine que de ton côté, à part une femme dans chaque port, personne n'attend ton retour?

Comment ça, lui aussi n'avait aucun scrupule à poser ces questions? Bien sûr qu'il s'en moquait, il jouait le jeu de son interlocuteur et puis... fallait bien avouer que ce petit sourire en coin le rendait... charmant.
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Ville : Vagabond sans attaches, depuis peu résident en Enfer. Il a abandonné les clés de sa célèbre Maison des Mystères à une nouvelle propriétaire.
Profession : Détective de l'occulte, magicien, exorciste, spécialiste des démons et autres saletés surnaturelles, escroc patenté, anti-héros du dimanche.
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Connaissance encyclopédique de divers types de magie ; ondes synchrones (toujours au bon endroit au bon moment) ; manipulation de sa propre chance et des probabilités ; magie noire et occultisme ; exorcisme ; invocation de démons ; 'Worldwalker', une des rares personnes à connaître tous les chemins entre paradis, enfer, et au-delà ; voyage inter-dimensionnel ; contrôle des esprits et persuasion ; illusion ; pyromancie ; divination ; nécromancie ; cercles magiques ; magie rituelle ; magie du sang ; extrêmement résistant à la télépathie, au contrôle mental, et à la possession ; maître manipulateur ; prestidigitateur confirmé.


Situation Maritale : Un coin de son coeur revient à son gin tonic, un autre à une princesse goth qui parle à l'envers. Et de temps en temps, il s'abandonne à un visiteur de (bref) passage.









MessageSujet: Re: backalley fights (john & alfred)   Jeu 15 Nov - 16:07


backalley fights
alfred & john


John leva les sourcils aux déclarations d’Alfred, ses yeux passant de son verre au visage de son interlocuteur comme pour en sonder les intentions véritables – demi-sourire encore suspendu au coin des lèvres comme une perpétuelle moquerie qu’il serait un gaspillage d’énergie de prendre trop personnellement. Si John n’avait jamais vraiment été du milieu du divertissement, il devait bien admettre que le portrait qu’en peignait Alfred n’était pas des plus reluisants – et qu’il le conviendrait sans doute à merveille. Un monde de menteurs et de tricheurs et d’infidèles ; évidemment, John ne put s’empêcher de se demander si Alfred s’incluait dans le lot. Evidemment il remarqua la bague à son annulaire. Mais hé. Comme si ça l’avait arrêté dans le passé. Conscience maritale et John Constantine n’avaient jamais fait bon ménage de toute façon.

Allons John, ne mets pas la charrue avant les bœufs, se sermonna-t-il, étonné lui-même des pensées quelque peu désinhibées qu’il attrapait dans son propre cerveau. Nom de Dieu, il ne se sentait pas seul à ce point-là, quand même ? Avec un soupir qu’il ne se donna pas la peine d’expliquer, John passa une main dans sa tignasse blonde, le coude posé sur la table, comme en proie à une brève migraine dont il ne savait plus si elle était réelle ou imaginaire. « Hmm non. » sourit-il en croisant les bras sur la table, tapotant contre sa pinte avec son ongle. Personne n’attendait son retour à part Chas qui de toute façon devait rentrer en Angleterre dans deux jours – quant à Zatanna, il semblerait que cette dimension lui ait épargné sa présence. Personne n’attendait John Constantine, jamais. C’était sans doute mieux comme ça. « Une femme – ou un homme – dans chaque port ou presque, ça me suffit largement. » conclut-il en portant sa pinte à ses lèvres – non sans un clin d’œil à son interlocuteur.

Putain il était incorrigible.

Trop éméché et clairement pas assez concerné par les questions de décence et de subtilité pour se demander s’il devrait tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, John décida tout de même qu’il était temps de limiter les dégâts et percuta enfin la référence d’Alfred à son brave Chas quelques instants plus tôt – ah oui, le lift. Il l’en avait presque oublié, tiens. L’exorciste reposa son verre sur la table et se leva de sa banquette, le pas et l’équilibre plus assuré que son niveau supposé d’alcoolémie ne l’aurait laissé supposer. Ca faisait belle lurette qu’il avait appris à fonctionner sous influence. « Je vais emprunter leur téléphone et passer un coup de fil à mon pote, qu’il vienne nous chercher. N’en profite pas pour t’échapper, tu veux ? »

John se faufila entre les clients, atteignant le bar et demanda au brave tenancier la permission d’utiliser un quelconque téléphone – l’homme le renvoya d’un geste de la main vers un poste fixe suspendu au mur à quelques pas de là. Le machin avait l’air de dater des années 90 au bas mot –John s’appuya contre, fit glisser une pièce dans la fente prévue à cet effet, et composa le numéro de portable de son vieux camarade. Quelques minutes s’écoulèrent, durant lesquelles John fit un compte-rendu succinct et peu glorieux de la soirée à son ami, et lui demanda de se ramener à l’adresse du bar qu’il avait trouvée accrochée au mur.

Zigzaguant à nouveau entre les clients plus ou moins éméchés (certains bien plus que lui, voilà qui était rassurant), il se faufila à nouveau jusqu’à la table et se laissa choir sur la banquette, hochant la tête à l’adresse d’Alfred. « Il devrait être là d’ici une demi-heure. Le temps de sortir la bagnole et trouver l’adresse… ça nous laisse le temps de finir tranquillement. » Sortant son briquet de sa poche dans l’anticipation de la clope bénie qui l’attendait dès qu’il aurait le pied dehors, il commença à jouer avec, le faisant tourner entre ses doigts comme il l’avait fait avec la pièce de monnaie quelques instants plus tôt. « Tu vois, de temps en temps les filous dans mon genre sont aussi dignes de confiance. » Jetant un regard à sa pinte plus que bien entamée, il fit jouer la flamme de son briquet dans le reflet du verre et le referma d’un claquement sec avant de relever les yeux vers Alfred. « Tu fumes, Alfred ? » demanda-t-il, décidément incapable de rester en place bien longtemps. Ou de résister à l’appel du tabac autant qu’à celui d’un peu de compagnie. « Si ça t’emmerde pas de m’accompagner prendre l’air… ou de m’attendre cinq minutes. »


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MessageSujet: Re: backalley fights (john & alfred)   Ven 16 Nov - 12:19

ft. John Constantine
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Pourquoi mentir sur ce qu'était ce monde? Alfred pouvait porter tous les masques qu'il voulait, il n'avait pourtant pas de problème, parfois, à être sincère et honnête. Surtout dans ce genre de moment, il sentait bien que l'un comme l'autre tournait autour du pot, alors autant tenter d'ouvrir quelques portes, juste pour voir. Et ce ne serait pas son épouse qui lui en voudrait de faire un petit écart. Après tout, ils n'étaient mariés que par convention. Chacun savait parfaitement le goût de l'autre. Amis et complices, ils profitaient de l'image que rendait leur couple, tout en faisant leur vie chacun de leur côté. Ainsi, le comédien avait tout le loisir de voir les hommes qui l'intéressait, tout en ayant droit à une paix royale de la part des médias et du public. Car il savait rester discret à ce sujet et ses amants n'avaient, pour le moment, jamais vendu la mèche à ce sujet. Tout le monde y trouvait donc son compte.

L'information que glissa John dans sa réponse ne passa clairement pas inaperçue, Pennyworth notait donc, tout en hochant légèrement de la tête. Il ne rêvait donc pas, en se disant que quelque chose planait dans l'air. Il faudrait voir maintenant, si les choses allaient se concrétiser ou si chacun rentrerait sagement au bercail. Finalement, les rencontres hasardeuses dans les ruelles de la ville, pouvaient s'avérer parfois intéressantes.

- Une façon d'éviter tout problème de couple. Lâcha-t-il avec un petit sourire, répondant à celui que lui offrait le blond. Même si lui, personnellement, ne serait pas à l'attendre au port. Il avait d'autres chats à fouetter.

Son regard suivait les mouvements peu assurés de son comparse de bière et hocha de la tête. Qu'il aille seulement passer son coup de fil. La remarque sur le fait qu'il pouvait en profiter pour filer, ne manqua pas de l'amuser, il attrapa sa pinte pour en boire une gorgée. Montrant du doigt la deuxième qu'il n'avait pas encore entamée.

- T'inquiète pas, en bon anglais, je resterais jusqu'à la fin de mes verres. Taquin.

Il n'allait quand même pas lui dire qu'il restait aussi parce qu'il était curieux de voir la suite quand même. Non pas tout de suite, autant laisser planer le doute, parce qu'il voulait voir de quoi était capable John. Même avec tout l'alcool qu'il avait dans le sang. Ce serait sans doute plus simple et si au matin, il avait tout oublié, cela ne dérangeait en rien l'homme de théâtre.

Profitant de ce moment de solitude, Alfred observait les gens autour de lui, la vie du pub, le bruit rendait le flot des conversations inaudibles, mais il pouvait s'imaginer ce que se disaient ceux qui l'entouraient. C'était un petit exercice qu'il aimait souvent avoir quand il se retrouvait seul à une table pour boire un coup, voir manger un morceau. Un bon moyen d'étudier aussi les comportements, pour donner encore plus de corps à son jeu. La voix de Constantine lui revint et il sorti de ses pensées pour revenir à l'instant présent.

- Parfait. Une demi-heure, oui ça laissait le temps de pleins de choses en fait. Il remarquait le fait que cet homme avait la bougeotte, un petit problème d'hyperactivité sans doute. Alors ça, j'attends encore de voir ce taxi. Rien ne me prouve encore totalement tes dires. Enfin, il s'en amusait plus qu'autre chose.

N'ayant rien de valeur sur lui, mis à part sa montre et quelques dollars dans son porte-monnaie, si ce dernier avait décidé de réellement lui faire les poches d'une façon ou d'une autre, il n'aurait pas grand-chose à y gagner. Alors autant continuer cette petite rencontre et voir où cela mènerait.

- Oui. Au grand damne de ma voix. Il se levait en attrapant sa pinte. Et comme toi, je commence à en ressentir le besoin. Surtout que le bruit commençait à devenir trop fort et qu'il avait besoin de prendre l'air.

Les deux hommes se retrouvèrent rapidement à l'air libre, la pinte était posée sur le rebord d'une des vitres du pub, il allait chercher ses cigarillos, les seuls qui avaient trouvés grâce à ses yeux et dont il ne se passait plus depuis longtemps.

- Je ne te demande pas si tu as du feu. Avec un sourire en coin, alors qu'il coinçait le cigarillo entre ses lèvres, autant profiter d'avoir un gentleman avec son feu déjà sorti, non? Innocemment - tu parles - il posait une main sur la sienne, alors que la flamme venait enflammer son tabac.
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MessageSujet: Re: backalley fights (john & alfred)   Dim 25 Nov - 22:47


backalley fights
alfred & john


Il faisait nuit noire dehors – bien que le mot ne veuille pas dire grand-chose sous les lampadaires qui éclairaient encore la rue, les enseignes néons des divers établissements encadrant leur bar, et les phares des bus et des voitures qui circulaient pour une fois sans trop de coups de klaxons. Les restaurants fermaient leurs devantures, et les bars, strip clubs et autres tripots qui de jour se faisaient discrets profitaient de la nuit tombée pour sortir de l’arrière-cour, sous couvert de la promesse d’un anonymat mensonger mais auquel tout un chacun acceptait tacitement de participer. La nuit tous les chats sont gris, et John n’était clairement pas le dernier à en profiter. Bien emmitouflé dans son trenchcoat, une cigarette coincée au coin des lèvres, John sortit son briquet de sa poche et fit craquer la flamme vacillante qui éclaira brièvement ses traits tirés et anguleux, trahissant mieux encore que ses épaules archées sur la défensive la fatigue existentielle avec laquelle ce monde de mensonges l’avait harcelé. Un bref instant, il en oublia presque sa lèvre tuméfiée, sa pommette abîmée, et la silhouette dégingandée qui l’avait suivi dehors. L’air frais de la nuit n’aurait su le débarrasser du vague tournis que l’alcool avait instillé dans sa tête et dans ses veines ; et seule la voix d’Alfred l’arracha à sa contemplation.

A travers la fumée de sa Silk Cut, John se fit la réflexion que si les hommes plus âgés n’étaient habituellement pas vraiment son style, Alfred faisait une sacrée exception à la règle.

« Pourquoi demander quand tu peux te servir ? » répondit-il en approchant son briquet du cigarillo – toujours aimable et serviable, surtout quand il avait une idée derrière la tête. Et s’il en jugeait par la main qui vint se poser sur la sienne, légère mais ferme comme celle d’un homme qui a l’habitude de savoir ce qu’il veut, il n’était pas le seul. Les yeux de John quittèrent le briquet et le cigarillo pour dévisager Alfred, la flamme se reflétant dans ses yeux sombres (à moins que ce ne fut le feu qui consumait son âme depuis des années, habituellement à l’abri des regards), et un sourire en coin se dessina sur ses lèvres. Un chat de Cheshire qui n’avait plus grand-chose à fiche de la folie du monde qui l’entourait, maintenant qu’il avait trouvé autre chose pour le distraire et l’arracher à tout ce non-sens.

« T’es un drôle de type, Alfred. » commenta-t-il, Chas et son taxi en route de plus en plus éloignés de son esprit. John aurait été bien infoutu de dire à quel point c’était l’alcool qui parlait, mais il était à peu près sûr d’une chose : qu’il se demandait bien quel parfum pouvait avoir un cigarillo sur les lèvres d’un acteur en berne une nuit sombre à Gotham. Sans prendre la peine de reculer bien loin, John tira une bouffée de sa clope, rangeant son briquet dans la poche intérieure de son manteau, les yeux toujours attentivement rivés sur Alfred et son expression quasi-indéchiffrable, modèle de flegmatisme britannique s’il en était. Il se demanda s’il pourrait le briser, ce flegmatisme.

Puis après tout, pourquoi demander quand il pouvait se servir. Au pire, il pourrait toujours s’excuser après, non ?

John vit sa chance lorsqu’Alfred coinça son cigarillo entre ses doigts pour le tirer d’entre ses dents et expirer la fumée ; sa propre cigarette entre l’index et le majeur d’une main, il utilisa l’autre pour attraper (sans force, mais fermement) Alfred par le cou et l’encourager à perdre quelques centimètres, scellant leurs lèvres dans un baiser que John n’avait même pas honte de voler. Ca faisait bien longtemps qu’il avait adopté la philosophie de demander pardon plutôt que permission, d’obéir à impulsion plutôt qu’à raison, parce qu’il n’avait que trop bien appris que le monde s’acharnerait à lui prendre même ce qu’il n’avait pas. Alfred était une rencontre fortuite, un bon samaritain qu’il n’avait pas demandé mais auquel la sangsue Constantine s’était accrochée, exigeant avec un vague sentiment de honte toujours un peu plus de pitié et un peu plus de chaleur à chaque instant qui passait, pathétique cas désespéré qu’il était.

Constantine était moisi de l’intérieur, mais ça n’était pas pour ça qu’il allait s’interdire d’être audacieux, surtout quand il n’avait plus rien à perdre.

Les arômes de Silk Cut, cigarillo et alcool se mêlaient dans ce baiser que John prolongea sans doute un peu plus que les convention d’un premier baiser ne l’exigeaient, un peu brut, un peu improvisé, avec la tendresse rude des moments qui ne durent pas ; jusqu’à ce qu’il ne rompe le contact, prenant une seconde pour reprendre son souffle et regarder Alfred dans les yeux – avec une insolence effrontée que Mercutio lui-même n’aurait pas reniée. « … je m’en serais voulu de ne pas tenter. »



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